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Credo (Aqida)· 3 min read

L'Islam face à la violence et au terrorisme : la position du CSO

Résumé de la position du Conseil Supérieur des Oulémas du Maroc sur la violence et le terrorisme, l'interdiction de l'agression contre les innocents, fondée sur le Coran 2:190 et le rite malékite.

Conseil Supérieur des Oulémas· Fatwa du CSO sur la paix et l'interdiction de l'agression (cité sur habous.gov.ma)
Salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan, symbolisant la paix et le culte

Image : Grande Mosquée de Kairouan, salle de prière, Dennis G. Jarvis, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

L'Islam face à la violence et au terrorisme : la position du CSO

Le Conseil Supérieur des Oulémas du Maroc a constamment affirmé que l'Islam est une religion de paix et de modération, et que l'agression contre les innocents, le meurtre des non-combattants et la corruption sur terre sont strictement interdits. Cette position reflète à la fois le texte coranique et la tradition religieuse marocaine fondée sur le rite malékite et le crédo ach'arite.

Cet article résume la position bien documentée du Conseil. Pour le texte officiel, reportez-vous à la source officielle.

Le verset fondateur

La position du Conseil repose sur un verset qui fixe tout le cadre éthique du recours à la force en Islam :

﴿وَقَاتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ الَّذِينَ يُقَاتِلُونَكُمْ وَلَا تَعْتَدُوا ۚ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْمُعْتَدِينَ﴾ — (Coran 2:190)

Deux principes s'en dégagent :

  1. Défense légitime uniquement. Le combat est permis contre ceux qui vous combattent, c'est-à-dire dans un cadre légal de défense contre l'agression, et non contre des innocents.
  2. Pas de transgression. Même dans un cadre légal, dépasser les limites (tuer des non-combattants, détruire des biens, répandre la terreur) est condamné par Dieu.

La sacralité de la vie innocente

Le Coran assimile le meurtre injuste d'un seul innocent au meurtre de l'humanité entière :

﴿مِنْ أَجْلِ ذَٰلِكَ كَتَبْنَا عَلَىٰ بَنِي إِسْرَائِيلَ أَنَّهُ مَن قَتَلَ نَفْسًا بِغَيْرِ نَفْسٍ أَوْ فَسَادٍ فِي الْأَرْضِ فَكَأَنَّمَا قَتَلَ النَّاسَ جَمِيعًا﴾ — (Coran 5:32)

C'est sur cette base que le Conseil et le consensus des savants majoritaires (ijma') considèrent les attaques terroristes visant les civils comme l'un des plus graves péchés majeurs.

Les constantes religieuses du Maroc

La référence religieuse marocaine repose sur trois piliers qui, ensemble, prémunissent contre l'idéologie extrémiste :

  • L'Emirat des Croyants (Imarat al-Mouminine), l'autorité religieuse est centralisée et disciplinée, déniant aux groupes extrémistes la légitimité religieuse qu'ils recherchent.
  • Le crédo ach'arite (al-'aqida al-ash'ariyya), une théologie de la modération qui rejette l'excès littéraliste autant que la violence idéologique.
  • Le rite malékite et le soufisme junaydite, mettant l'accent sur la voie du milieu (wasatiyya) entre la rigidité et le relâchement.

L'extrémisme (ghuluw) est condamné

Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a explicitement mis en garde contre l'extrémisme religieux :

« Prenez garde à l'excès en religion, car ceux qui vous ont précédés n'ont été détruits que par l'excès en religion. » — (Boukhari & Mouslim)

Sur cette base, le Conseil considère que l'idéologie des groupes qui déclarent mécréants (takfir) musulmans et non-musulmans et justifient l'effusion de sang est une déviation par rapport à l'Islam, et non une représentation de celui-ci.

Ce que cela signifie concrètement

  • Signaler l'incitation. Les musulmans ont le devoir de rejeter les appels à la violence et de coopérer avec les autorités pour protéger la vie.
  • Une éducation religieuse saine. Le remède à l'extrémisme est le savoir correct, d'où l'investissement du Maroc dans la formation religieuse structurée et l'encadrement des mosquées.
  • La paix civique. Vivre en citoyen pacifique et contributeur (muwatana) est en soi une obligation religieuse.

Sources officielles

Pour le texte officiel de la position du Conseil, consultez les publications officielles ci-dessous. Cet article est un résumé pédagogique et n'a pas été émis par le Conseil.